Fraude au faux fournisseur : détecter les SIRET usurpés ou inventés
La fraude au faux fournisseur consiste à se faire passer pour un fournisseur réel ou fictif afin d’obtenir le règlement d’une facture sur un compte contrôlé par l’escroc. Elle s’appuie sur un SIRET usurpé à une société existante, sur un SIRET inventé au format crédible ou sur le numéro d’une société radiée, puis sur un changement de RIB. Selon le baromètre Allianz Trade et DFCG, près de 7 entreprises françaises sur 10 ont subi au moins une tentative de fraude en 2023, et le faux fournisseur est la technique la plus citée. La parade tient en une procédure : vérifier le format, l’existence et le statut du SIRET dans Sirene, recouper raison sociale, adresse et numéro de TVA, puis valider tout changement de RIB par un canal indépendant. Un outil comme Trouve-ton-siret.com applique ces contrôles à un fichier fournisseurs complet en quelques minutes.
La fraude au faux fournisseur, en deux phrases
La fraude au faux fournisseur consiste, pour un escroc, à se faire passer pour un fournisseur réel ou fictif afin d’obtenir le paiement d’une facture sur un compte bancaire qu’il contrôle. Elle repose presque toujours sur un identifiant d’entreprise, le SIRET, soit usurpé à une société existante, soit inventé de toutes pièces avec une apparence crédible, puis sur un changement de RIB glissé au bon moment dans le circuit de paiement.
Le phénomène n’a rien de marginal. Selon le baromètre annuel Allianz Trade et DFCG consacré à la fraude en entreprise, près de 7 entreprises françaises sur 10 déclarent avoir subi au moins une tentative de fraude en 2023, et la fraude au faux fournisseur reste la technique la plus fréquemment citée, devant la fraude au président. La DGFiP, dans ses communications sur la réforme de la facturation électronique, présente d’ailleurs la fiabilisation des identifiants (SIREN, SIRET, numéro de TVA) comme un rempart contre les fausses factures. Un outil de vérification en masse comme Trouve-ton-siret.com permet de confronter un fichier fournisseurs complet à la base Sirene en quelques minutes, ce qui neutralise la partie « identité » de la fraude avant même la question du RIB.
La mécanique de la fraude : trois variantes qui se ressemblent
Le fraudeur ne cherche pas à casser votre système d’information. Il exploite une faille bien plus banale : la confiance accordée à une fiche fournisseur qui a l’air correcte. Trois scénarios reviennent dans la quasi-totalité des dossiers.
1. Le SIRET usurpé d’une entreprise réelle
L’escroc récupère les informations publiques d’un vrai fournisseur (raison sociale, adresse, SIRET, parfois le logo et le nom du dirigeant) et vous écrit en son nom. La fiche est authentique dans la base Sirene, la société est active, tout concorde. Le seul élément faux, c’est le RIB. Le mail annonce un « changement de banque » ou une « nouvelle procédure de règlement », et la prochaine facture, elle aussi parfaitement crédible, part sur un compte ouvert quelques semaines plus tôt, souvent à l’étranger.
2. Le SIRET inventé mais plausible
Le fraudeur crée un fournisseur qui n’existe pas : une raison sociale générique (« Services Techniques Ile-de-France »), une adresse de domiciliation, un SIRET dont la structure est correcte. Il sait qu’un SIRET comporte 14 chiffres et que le dernier est une clé de contrôle : il génère donc un numéro qui passe le contrôle de format. Ce numéro ne correspond à aucun établissement dans Sirene, mais personne ne le vérifie parce que le format « a l’air bon ». La facture, d’un montant modeste, se fond dans le flux des règlements.
3. Le SIRET d’une société radiée ou dormante
Variante plus subtile : le fraudeur réutilise le SIRET d’une société réellement immatriculée mais fermée, ou d’un établissement cessé. Il n’a plus de dirigeant vigilant en face, la coquille est disponible et le numéro figure bien dans les registres. Un contrôle d’existence pure ne détecte rien ; seul le contrôle du statut administratif révèle l’anomalie.
Les chiffres qui donnent la mesure du risque
Les statistiques sur la fraude B2B sont dispersées, mais plusieurs sources publiques et sectorielles convergent.
- Baromètre Allianz Trade et DFCG (édition 2024, données 2023) : environ 69 % des entreprises interrogées ont fait face à au moins une tentative de fraude sur l’année, et la fraude au faux fournisseur arrive en tête des techniques rencontrées, citée par près d’une entreprise sur deux.
- Ministère de l’Intérieur (police judiciaire, dispositif de lutte contre les faux ordres de virement) : les escroqueries dites FOVI (faux ordres de virement) représentent, depuis 2010, plusieurs centaines de millions d’euros de préjudice cumulé pour les entreprises françaises, la variante « faux fournisseur » ayant progressivement supplanté la « fraude au président ».
- DGFiP : l’un des objectifs affichés de la réforme de la facturation électronique est de réduire la fraude à la TVA, évaluée par l’administration à plusieurs milliards d’euros par an, en partie alimentée par des factures émises au nom d’entités fictives ou disparues.
- Retour d’expérience terrain : sur les fichiers traités par Trouve-ton-siret.com, entre 5 et 10 % des SIRET d’une base fournisseurs correspondent à des établissements fermés ou à des sociétés radiées, un terrain idéal pour la variante n°3.
Le montant unitaire d’une fraude au faux fournisseur est rarement spectaculaire : quelques milliers à quelques dizaines de milliers d’euros, précisément pour rester sous les seuils de double validation. C’est la répétition qui coûte cher.
Les signaux d’alerte à connaître
Aucun signal ne suffit seul, mais leur accumulation doit déclencher une vérification avant tout paiement.
- Une demande de changement de RIB reçue par e-mail, surtout si elle est présentée comme urgente ou confidentielle.
- Un domaine d’expéditeur légèrement différent du domaine habituel (une lettre en plus, un tiret, une extension .net au lieu de .fr).
- Une banque domiciliée dans un autre pays que le siège du fournisseur, sans explication.
- Un SIRET dont l’adresse Sirene ne correspond pas à l’adresse portée sur la facture.
- Un fournisseur « nouveau » qui facture immédiatement des prestations immatérielles difficiles à contrôler (conseil, maintenance, honoraires).
- Une facture dont le numéro de TVA intracommunautaire ne se déduit pas correctement du SIREN indiqué.
- Un établissement dont la date de création est très récente ou dont le statut est « fermé » dans Sirene.
La procédure de vérification systématique en 7 étapes
Voici la check-list que nous recommandons aux directions financières. Elle tient sur une page et couvre les trois variantes de fraude décrites plus haut.
- Contrôler le format du SIRET. 14 chiffres, clé de Luhn correcte. Ce filtre élimine les fautes de frappe, pas les fraudes : un SIRET inventé passe ce test.
- Vérifier l’existence dans Sirene. Le numéro doit correspondre à un établissement réel. L’Annuaire des Entreprises, service officiel de l’État, permet cette consultation à l’unité. Pour un contrôle isolé, la démarche complète consiste à enchaîner format, existence et statut sur un numéro isolé.
- Contrôler le statut administratif. Établissement actif ou fermé, société en activité ou radiée. C’est ce contrôle qui bloque la variante « coquille dormante » ; la méthode pour repérer les sociétés radiées cachées dans un fichier fournisseurs s’applique aussi bien à un stock existant qu’aux nouveaux entrants.
- Comparer raison sociale et adresse. Les données Sirene doivent coïncider avec la facture et le contrat. Une divergence d’adresse ou de dénomination est le signal le plus fréquent d’une usurpation.
- Recouper le numéro de TVA. Le numéro de TVA français se calcule à partir du SIREN ; s’il ne correspond pas, la facture est soit erronée, soit falsifiée.
- Valider tout changement de RIB par un canal indépendant. Appel téléphonique au numéro connu du fournisseur (jamais celui figurant sur le mail), demande de l’IBAN sur papier à en-tête, contrôle de la cohérence entre le pays de la banque et le siège.
- Tracer et faire valider par une seconde personne. La création ou la modification d’un fournisseur doit être approuvée par quelqu’un qui n’a pas saisi la demande, avec conservation des pièces.
Les étapes 1 à 5 sont entièrement automatisables : ce sont des comparaisons entre votre fichier et la base Sirene. Les étapes 6 et 7 relèvent de l’organisation interne et ne peuvent pas être déléguées à un outil.
Pourquoi le contrôle unitaire ne suffit plus
Vérifier un fournisseur au moment de sa création est indispensable, mais insuffisant. Une base de 2 000 fournisseurs évolue en permanence : des sociétés ferment, déménagent, changent de dénomination, et un fraudeur peut réactiver une fiche ancienne dont plus personne ne se souvient. Le contrôle doit donc être répété sur l’ensemble du référentiel, idéalement chaque trimestre et avant chaque campagne de règlement importante.
Faire cela à la main, fiche par fiche, représente une minute par ligne dans le meilleur des cas, soit plusieurs jours de travail pour une base moyenne. C’est précisément le cas d’usage de Trouve-ton-siret.com : vous importez votre fichier Excel ou CSV avec les SIRET, l’outil interroge l’API officielle recherche-entreprises.api.gouv.fr et vous restitue, ligne par ligne, l’existence, le statut, la raison sociale et l’adresse Sirene, ainsi que le numéro de TVA associé. Vous pouvez ainsi confronter tout le fichier fournisseurs à la base Sirene en un import et exporter le résultat en CSV ou JSON pour l’intégrer à votre ERP.
Le tri est ensuite immédiat : les SIRET inconnus de Sirene (variante « inventé »), les établissements fermés (variante « radié ») et les écarts de raison sociale ou d’adresse (variante « usurpé ») ressortent en quelques minutes, sur toute la base et non sur un échantillon.
Que faire si vous avez déjà payé un faux fournisseur
Le temps est le facteur décisif. Contactez immédiatement votre banque pour demander le rappel du virement : les chances de récupération sont réelles dans les premières heures, presque nulles après quelques jours. Déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, et signalez les faits sur la plateforme officielle de signalement du ministère de l’Intérieur. Prévenez le vrai fournisseur si son identité a été usurpée : il est probablement visé chez d’autres clients. Enfin, documentez la chaîne de décision qui a conduit au paiement, non pour désigner un coupable, mais pour identifier le contrôle manquant et l’ajouter à la procédure ci-dessus.
La fraude au faux fournisseur prospère sur un paradoxe : elle est simple à monter et tout aussi simple à déjouer, à condition de vérifier systématiquement l’identité de celui que l’on paie. Le SIRET est la clé d’entrée de cette vérification, et la base Sirene est publique. Il ne reste qu’à en faire un réflexe, sur tout le fichier, à intervalle régulier.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la fraude au faux fournisseur exactement ?
C’est une escroquerie dans laquelle un tiers se présente comme un fournisseur, réel ou fictif, pour faire payer une facture sur un compte bancaire qu’il contrôle. Elle passe généralement par une usurpation d’identité (SIRET, raison sociale, logo d’une vraie société) ou par la création d’un fournisseur imaginaire, suivie d’une demande de changement de RIB. Elle fait partie des fraudes dites FOVI (faux ordres de virement) suivies par la police judiciaire.
Comment savoir si un SIRET est usurpé ou inventé ?
Un SIRET inventé passe souvent le contrôle de format mais n’existe pas dans la base Sirene : la vérification d’existence le révèle immédiatement. Un SIRET usurpé existe bel et bien, mais la raison sociale, l’adresse ou le numéro de TVA de la facture ne coïncident pas avec les données officielles, ou bien le RIB fourni ne correspond pas au pays du siège. Il faut donc comparer chaque élément de la facture avec la fiche Sirene, et pas seulement vérifier que le numéro est « valide ».
Quels sont les chiffres de la fraude au faux fournisseur en France ?
D’après le baromètre Allianz Trade et DFCG publié en 2024, environ 69 % des entreprises interrogées ont subi au moins une tentative de fraude en 2023, et la fraude au faux fournisseur est la technique la plus fréquemment citée, devant la fraude au président. Le ministère de l’Intérieur évalue le préjudice cumulé des faux ordres de virement à plusieurs centaines de millions d’euros depuis 2010. Les montants unitaires restent souvent modestes, ce qui explique que beaucoup de cas passent inaperçus.
Peut-on vérifier tous les SIRET d’une base fournisseurs en une seule fois ?
Oui. Un outil comme Trouve-ton-siret.com vérifie un fichier Excel ou CSV entier en quelques minutes : il interroge la base Sirene via l’API officielle recherche-entreprises.api.gouv.fr et renvoie pour chaque ligne l’existence, le statut actif ou fermé, la raison sociale, l’adresse et le numéro de TVA. Les SIRET inconnus, radiés ou incohérents avec votre fichier ressortent immédiatement, et le résultat s’exporte en CSV ou JSON.
Que faire en cas de demande de changement de RIB d’un fournisseur ?
Ne validez jamais un nouveau RIB sur la seule foi d’un e-mail. Appelez le fournisseur au numéro déjà connu de vos services (pas celui indiqué dans le message), demandez une confirmation écrite sur papier à en-tête, et vérifiez que la banque et le pays de l’IBAN sont cohérents avec le siège de l’entreprise dans Sirene. Faites valider la modification par une seconde personne et conservez les justificatifs.