Que révèlent les 14 chiffres d’un SIRET ? SIREN, NIC et structure complète

Un numéro SIRET compte 14 chiffres : les 9 premiers forment le SIREN, qui identifie l’entreprise en tant que personne juridique, et les 5 derniers forment le NIC, qui identifie un établissement précis de cette entreprise. Les huit premiers chiffres du SIREN sont attribués séquentiellement par l’INSEE et n’ont aucune signification, le neuvième est une clé de contrôle. Dans le NIC, quatre chiffres donnent le rang de l’établissement et le cinquième est une clé calculée sur l’ensemble des 14 chiffres avec l’algorithme de Luhn. Seuls les établissements de La Poste (SIREN 356 000 000) suivent une autre règle. Un outil comme Trouve-ton-siret.com applique ces contrôles à un fichier entier avant d’interroger la base Sirene pour vérifier que chaque numéro existe et reste actif.

Un SIRET, c’est un SIREN suivi d’un NIC

Le numéro SIRET (Système d’identification du répertoire des établissements) compte toujours 14 chiffres, sans lettre ni séparateur. Il n’est pas un code arbitraire : il s’obtient en accolant deux blocs qui ont chacun leur rôle. Les 9 premiers chiffres forment le SIREN, l’identifiant de la personne juridique (société, micro-entrepreneur, association, collectivité). Les 5 derniers chiffres forment le NIC (numéro interne de classement), qui désigne un établissement précis de cette entreprise. Le tout est attribué par l’INSEE, qui gère le répertoire Sirene depuis le décret du 14 mars 1973.

BlocPositionLongueurCe qu’il identifieQui l’attribue
SIRENchiffres 1 à 99La personne juridique (l’entreprise elle-même)INSEE, une seule fois, à l’immatriculation
dont racine SIRENchiffres 1 à 88Numéro séquentiel sans significationINSEE
dont clé SIRENchiffre 91Clé de contrôle Luhn calculée sur les 9 chiffresCalculée automatiquement
NICchiffres 10 à 145L’établissement (lieu géographique d’exercice)INSEE, à chaque ouverture d’établissement
dont numéro d’ordrechiffres 10 à 134Rang de l’établissement au sein de l’entrepriseINSEE
dont clé NICchiffre 141Clé de contrôle Luhn calculée sur les 14 chiffres du SIRETCalculée automatiquement

Cette lecture en blocs a une conséquence pratique : une entreprise possède un seul SIREN, mais autant de SIRET qu’elle compte d’établissements. Un service comme Trouve-ton-siret.com exploite exactement cette logique quand il vérifie ou enrichit une colonne entière de SIRET importée depuis un fichier : il isole le SIREN pour retrouver l’entreprise, puis le NIC pour retrouver l’établissement exact.

Le SIREN : 9 chiffres pour la personne juridique

Les huit premiers chiffres ne veulent rien dire

Contrairement à une idée répandue, la racine du SIREN ne code ni le département, ni l’année de création, ni le secteur d’activité. D’après l’INSEE, les numéros sont délivrés de façon séquentielle, dans l’ordre des immatriculations, ce qui explique que deux entreprises créées le même jour dans deux régions différentes portent des SIREN voisins. Une seule convention existe en pratique : les SIREN qui commencent par 1 correspondent aux administrations de l’État et ceux qui commencent par 2 aux collectivités territoriales. Pour tout le reste (sociétés, indépendants, associations), le premier chiffre ne renseigne sur rien.

Le neuvième chiffre est une clé de contrôle

Le dernier chiffre du SIREN n’est pas séquentiel : il est calculé avec l’algorithme de Luhn de manière à ce que les 9 chiffres pris ensemble passent le test. C’est ce qui permet à un logiciel de détecter une faute de frappe avant toute interrogation de la base Sirene. Ce SIREN reste identique toute la vie de l’entreprise, même en cas de changement de nom, d’adresse ou de forme juridique, et il n’est jamais réattribué après radiation. C’est aussi lui qui sert de base au numéro de TVA intracommunautaire, dont la clé à deux chiffres est ajoutée par la DGFiP. Si vous hésitez encore sur les usages respectifs des trois identifiants, le comparatif d’usage entre SIREN, SIRET et TVA intracommunautaire les met côte à côte.

Le NIC : 5 chiffres pour l’établissement

Le NIC désigne un lieu d’activité précis : le siège social, une agence, un entrepôt, une boutique. Ses quatre premiers chiffres constituent un numéro d’ordre, attribué chronologiquement au fil des ouvertures d’établissements de l’entreprise. Le cinquième chiffre est, là encore, une clé de contrôle, mais calculée cette fois sur l’ensemble des 14 chiffres du SIRET. Trois règles découlent de ce mécanisme :

  • Le NIC n’a de sens qu’associé à son SIREN. Un NIC 00017 existe chez des milliers d’entreprises différentes : c’est le couple SIREN + NIC qui est unique.
  • Le siège social n’a pas forcément le plus petit NIC. Si l’entreprise transfère son siège, le nouveau lieu reçoit un nouveau NIC, et l’ancien SIRET du siège passe à l’état fermé.
  • Un déménagement dans une autre commune entraîne la fermeture de l’établissement et la création d’un nouveau, donc un nouveau SIRET. Le SIREN, lui, ne bouge pas.

C’est pour cette raison que les fichiers fournisseurs vieillissent vite : l’entreprise existe toujours, le SIREN est bon, mais le SIRET saisi il y a trois ans pointe vers un établissement fermé.

La clé de contrôle : l’algorithme de Luhn en quatre étapes

L’INSEE utilise l’algorithme de Luhn, le même que celui des numéros de carte bancaire, pour le SIREN comme pour le SIRET. La règle est assez courte pour être recopiée dans un tableur ou un script :

En partant du chiffre le plus à droite : 1) doubler un chiffre sur deux (le 2e, le 4e, le 6e…) ; 2) si un résultat dépasse 9, lui soustraire 9 ; 3) additionner les 14 chiffres obtenus ; 4) le numéro est valide si la somme est un multiple de 10.

  1. Appliquée aux 9 chiffres du SIREN, la somme doit tomber sur un multiple de 10.
  2. Appliquée aux 14 chiffres du SIRET, la somme doit elle aussi tomber sur un multiple de 10.
  3. Les deux tests sont indépendants : comme la parité des positions change entre 9 et 14 chiffres, la clé du NIC ne se déduit pas de celle du SIREN. Elle est calculée sur le numéro complet.
  4. Un numéro qui passe Luhn n’existe pas forcément : le test écarte les fautes de frappe, pas les numéros inventés ni les établissements fermés.

Exemple décomposé chiffre par chiffre

Prenons le SIRET fictif 812 345 676 00017, présenté ici uniquement à titre d’exemple. Sa lecture bloc par bloc donne ceci :

ChiffresValeurBlocLecture
1 à 88 1 2 3 4 5 6 7Racine du SIRENNuméro séquentiel attribué par l’INSEE, sans signification
96Clé du SIRENRend le SIREN 812 345 676 conforme à Luhn (somme pondérée = 40)
10 à 130 0 0 1Ordre du NICPremier établissement ouvert par l’entreprise, ici le siège
147Clé du NICRend le SIRET complet conforme à Luhn (somme pondérée = 50)

Le calcul détaillé sur les 14 chiffres se vérifie à la main :

8 1 2 3 4 5 6 7 6 0 0 0 1 7 → chiffres doublés (positions impaires depuis la gauche) : 16, 4, 8, 12, 12, 0, 2 → réduits : 7, 4, 8, 3, 3, 0, 2 → somme totale : 7+1+4+3+8+5+3+7+3+0+0+0+2+7 = 50 → multiple de 10, SIRET valide.

Si la même entreprise ouvre une agence, son deuxième établissement portera le numéro d’ordre 0002, et la clé recalculée donnera le SIRET 812 345 676 00025. Même SIREN, NIC différent : la facture doit porter celui de l’établissement qui a réellement effectué la prestation.

L’exception La Poste

Un seul SIREN échappe à la règle de Luhn pour ses établissements : celui de La Poste, 356 000 000. L’INSEE le documente explicitement dans la description de l’API Sirene. Le siège, 356 000 000 00048, respecte bien l’algorithme, mais les milliers de bureaux et centres de tri ont reçu des NIC selon une autre convention : la somme simple des 14 chiffres doit être un multiple de 5. Un contrôle de format qui ignore ce cas particulier rejette donc à tort tous les SIRET d’établissements postaux. Les scripts sérieux commencent par tester si le SIREN vaut 356000000 avant d’appliquer Luhn.

Ce que les 14 chiffres ne disent pas

Décoder la structure d’un SIRET permet de vérifier sa forme, pas son contenu. Le numéro ne contient ni le code NAF, ni la catégorie juridique, ni l’adresse, ni l’état administratif de l’établissement : toutes ces informations sont stockées dans la fiche Sirene, que l’INSEE met à jour au fil des formalités transmises par le guichet unique. Avec près de 1,1 million de créations d’entreprises en 2024 selon l’INSEE, et autant de mouvements d’établissements, la base évolue chaque jour. Pour consulter une fiche à l’unité, le site officiel annuaire-entreprises.data.gouv.fr affiche gratuitement le SIREN, la liste des NIC et le statut de chacun.

Deux pièges de format reviennent sans cesse dans les fichiers. D’abord, un SIREN ou un SIRET peut commencer par zéro : un tableur qui l’interprète comme un nombre supprime ce zéro et le numéro passe à 13 chiffres. Il faut alors restaurer les zéros de tête effacés par le tableur avant tout contrôle. Ensuite, les espaces de présentation (812 345 676 00017) doivent être retirés avant le calcul de Luhn, sinon la longueur ne vaut plus 14.

Une fois ces règles connues, le contrôle unitaire devient trivial, mais reste inapplicable à la main sur un fichier de plusieurs milliers de lignes. Trouve-ton-siret.com enchaîne automatiquement le test de structure, l’interrogation de la base Sirene via l’API officielle recherche-entreprises.api.gouv.fr et l’enrichissement de chaque ligne (raison sociale, adresse, code NAF, statut). Vous pouvez ainsi faire contrôler une colonne complète de SIRET depuis un fichier importé et récupérer le résultat en CSV ou JSON en quelques minutes.

Questions fréquentes

Que signifient les 5 derniers chiffres d’un SIRET ?

Les 5 derniers chiffres forment le NIC, le numéro interne de classement. Les quatre premiers indiquent le rang de l’établissement au sein de l’entreprise (0001 pour le premier ouvert, 0002 pour le suivant) et le cinquième est une clé de contrôle calculée sur les 14 chiffres du SIRET. Le NIC n’a de valeur qu’associé au SIREN qui le précède.

Le SIRET contient-il le département ou l’année de création de l’entreprise ?

Non. D’après l’INSEE, la racine du SIREN est un numéro séquentiel attribué dans l’ordre des immatriculations, sans aucune information codée sur la localisation, la date ou l’activité. Seule exception d’usage : les SIREN commençant par 1 désignent des administrations de l’État et ceux commençant par 2 des collectivités territoriales.

Comment vérifier soi-même qu’un SIRET est bien formé ?

Appliquez l’algorithme de Luhn sur les 14 chiffres : en partant de la droite, doublez un chiffre sur deux, soustrayez 9 aux résultats supérieurs à 9, puis additionnez tout. Si la somme est un multiple de 10, la structure est correcte. Ce test détecte les fautes de frappe, mais ne prouve pas que le numéro existe dans la base Sirene ni que l’établissement est encore ouvert.

Pourquoi certains SIRET de La Poste échouent au contrôle de Luhn ?

Les établissements rattachés au SIREN 356 000 000 (La Poste) ne suivent pas l’algorithme de Luhn, à l’exception du siège. Pour eux, l’INSEE a retenu une autre règle : la somme simple des 14 chiffres doit être un multiple de 5. Un contrôle de format doit donc traiter ce SIREN à part pour ne pas rejeter des numéros parfaitement valides.

Comment vérifier la structure de plusieurs milliers de SIRET d’un coup ?

Le calcul manuel n’est pas envisageable au-delà de quelques dizaines de numéros. Un outil comme Trouve-ton-siret.com accepte un fichier entier de SIRET, SIREN ou numéros de TVA, contrôle la structure de chaque numéro, interroge la base Sirene via l’API officielle et renvoie en quelques minutes un export CSV ou JSON avec le statut et les données de chaque établissement. Le service est gratuit et fonctionne sans carte bancaire.

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